• Pour son cinéma Le Méliès, on y va souvent

  • Pour la convivialité et le sens de communauté

  • Le cercle d'amis

  • La proximité avec Paris (bien que j'y aille moins)

Frédéric Oudrix

UN ARTISTE PAR HASARD

Rien ne présageait l'avenir artistique de Frédéric Oudrix car il voulait devenir...marin!

Oui son destin était censé être en haute mer, loin des considérations et prises de chou artistiques. 

Un métier bien viril, un challenge mental et physique, sans dire qu'il n'avait jamais montré le moindre intérêt ni talent particulier pour l'art...jusqu'au mois fatidique où il devait vraiment partir loin dans les vagues et là...le doute s'installe...

 

Partir loin de la famille à se battre contre la mère nature? 

Lors des examens physiques il s'est dit que ce n'était peut-être pas pour lui.

 

C'était en 1975 et Frédéric avait 16 ans. 

 

Que faire alors?  Disons qu'il n'a pas cherché loin, il décide de faire comme son grand frère et tenter sa chance dans une école d'art (là où il y avait aussi plus de filles que chez les Marins!).

 

Il fait une journée portes ouvertes et l'image des rideaux qui volent devant les grandes fenêtres ouvertes le marque et lui donne envie de tenter sa chance.  Au concours, ébahi, il arrive 7ème et depuis il n'a jamais regardé en arrière.

GALERIE EN

BAS DE PAGE

"Maintenant que j'y pense je ne sais pas pourquoi je voulais être marin, peut-être un rêve d'enfant, tant mieux car on m'a discerné un mal de mer chronique par la suite!"

LE VAISSEAU EN PAPIER

Si vous connaissez un peu le bas Montreuil, vous connaîtrez certainement la maison de Fred, Il y habite avec sa compagne Evelyne depuis 1995.  Depuis 2008, tout l'extérieur est couvert de papier pop et coloré.  Il n'est peut-être pas parti et mer mais il est quand même capitaine de ce grand vaisseau en plein milieu de la rue de la Révolution.

Il va sans dire donc, qu'il est quelque peu passionné de papier, et c'est la matière avec laquelle il travaille pour créer ses œuvres actuelles.   

Mais avant d'en arriver là il est passé par plusieurs disciplines artistiques, car notre marin est plutôt très doué dans tout ce qu'il touche.

Pour un jeune homme qui ne s'était jamais intéressé à l'art il avait beaucoup de talent dans les profondeurs.

PASSAGE ECLAIR

Après une spécialisation en BD aux Arts Appliqués (à la prestigieuse École Duperré) il a tout suite été embauché (après un seul coup de fil) à Pilote le célèbre journal BD, où il travaille sur les 5 derniers numéros avant que le titre ne plie bagage. Bien que courte, l'expérience fut formatrice.

INSPIRATION

Après cette expérience rapide dans la

BD, par la suite Fred se tourne vers la céramique.

Il a été inspiré et subjugué par le film Casanova de Frederico Fellini, où il voit une magnifique chapelle couverte de petits carrelages.

Ce film l'éclaire et il se sent épanoui.

Le soir même il se met au boulot et il travaille la céramique pendant les 20 prochaines années. 

"Ce film m'a transporté , il m'a éclairé sur tout ce que je devais faire dans mon existence"

TICK-TOCK

A un moment donné il pense aller aux Beaux Arts pour peaufiner sa technique mais après réflexion préfère se mettre tout de suite à son compte.

Il commence à faire des carrelages en plâtre et c'était un vrai travail de peintre car il gravait le plâtre, mettait de la cire pour voir les gravures puis les peignait à la main pour créer des œuvres uniques.

Des carrelages il est passé aux horloges démontables (comme des jeux de construction) puis des temples et il commence à vivre de son art.

Il fut représenté par plusieurs galeries à Paris, bien que lui et son frère n'aient pas eu de bonnes expériences; les pièces qui disparaissent...les désaccords sur l'argent...du coup Frédéric retire ses pièces et quitte ce monde là.

CONCRETE JUNGLE WHERE DREAMS ARE MADE OF...

Par la suite il part à New York en 1987 (sans parler anglais!) car il avait quelques clients américains.

Au bout d'une semaine il réussit à avoir plus de contacts qu'en 3 ans à Paris. Une copine prend le bottin et appelle les galeries et Fred débarque avec sa valise pour montrer ses œuvres.

Ses pièces se vendent.

Après plusieurs allers-retours il tente sa chance dans une grande galerie en laissant 2 photos de ses horloges, le lendemain il a un déjeuner avec le patron et très rapidement une exposition.  The American way!

Malheureusement l'expo ne marche pas car la galerie demande beaucoup trop cher pour les pièces. Dépité Fred revient en France et depuis n'y est jamais retourné, une décision qu'il regrette encore un peu aujourd'hui. Mais je lui dis que ce n'est jamais trop tard - never say never.

"C'était un show quand j'allais montrer mes pièces  à New York car j'arrivais
avec ma valise et je montais mes horloges devant eux!

AND THE WINNER IS...

Après son expérience Big Apple Fred veut travailler avec les architectes pour habiller en céramique les façades des bâtiments mais ce n'est pas au goût du jour, donc il se tourne vers les concours publics 1%, et il en gagne quelques-uns.

(Ici L'Hôtel de Ville de Voisins-le-Bretonneux 1995 et Le Collège des petits sentiers Lucé 2000)

Et c'est un chantier en particulier qui l'amène à faire ce qu'il fait maintenant en peinture.

Il doit peindre sur les carrelages et intégrer/retoucher les photos et du coup il reprend ses pinceaux et hop il trouve une nouvelle passion pour la peinture et le collage papier...à en devenir obsédé.

Il a 40 ans et c'est la révélation, il devient peintre, depuis il ne fait que ça.

"J'ai sorti mes vieux pinceaux et comme j'étais libre de faire ce que je voulais
j'ai pris un pied terrible à repeindre mes images (qui devaient être transférées sur la céramique). 
Ça m'a donné envie de peindre de nouveau et tout de suite j'ai fait les choses monstrueuses en taille.  
J'arrivais plus à me coucher je suis devenu obsédé"

HORS CADRE

Aujourd'hui Frédéric peint toujours en grand - des sculptures délicates en papier coloré (papier aquarelle et à la gouache).

Il laisse son feeling guider la structure, là où il sent "l'électricité" lors de sa création.

Comme une plante sauvage qui pousse dans un sens unique, chaque oeuvre est un univers à elle seule.

La création est une aventure, un voyage affectif pour lui.

Il y rajoute des découpes d'anciens travaux, fait et refait la forme.

Fred garde tout car il est très attaché à ses papiers.

Il veut continuer à travailler 'hors cadre' aussi, c'est-à-dire il n'est pas prêt à remettre ses peintures et collages physiquement dans un cadre derrière du verre.

Telles des plantes, ses œuvres doivent respirer, et être libres.

Frédéric n'a pas d'Instagram,  ses clients viennent à travers les expos qu'il fait ou par la bouche à oreille, mais comme j'ai dit à Frédéric pour moi la meilleure publicité pour son art reste sa magnifique maison colorée qui reflète bien son esprit et son talent: chaleureux, souriant, imaginatif, libre et unique.

"J'ai un côté très affectif avec le papier"
  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon

© 2018-2020 Love Montreuil créé par Rebecca Dry